28 mars 2016

Les différents visages de la lutte contre la fraude et la contrefaçon du vin

Le principe est d’une simplicité déconcertante (c’est l’exécution qui est plus délicate) : le mauvais vin n’est pas cher, alors que certains vins plus réputés sont de grande valeur marchande. On achète du vin d’entrée de gamme, on le fait passer pour un grand cru ou simplement un vin de plus grande qualité (via la contrefaçon d’une étiquette ou de documents de transport, entre autres), on le vend avec un profit considérable. Tant qu’il n’a pas goûté le vin qui lui a effectivement été livré, et que la fraude est bien exécutée, l’acheteur n’y voit que du feu.

Les deux perdants dans ce jeu sont évidemment les acheteurs, qui paient cher une marchandise frelatée et se font avoir. Et les producteurs des « vrais » vins, qui travaillent toute l’année à élaborer des crus de qualité, et dont la réputation et la commercialisation souffrent du fait de la fraude. Depuis que le vin est vendu (et que la fraude existe), l’humanité a donc cherché des moyens de se prémunir de la fraude. Les acheteurs sont protégés par le cadre légal et juridique, et les producteurs cherchent de leur côté des outils pour garantir la traçabilité de leurs vins, et rassurer leurs clients.

Le Code de Hammurabi : noyer les fraudeurs

Le Code de Hammurabi est un texte de lois babylonien qui date approximativement de l’an 1750 av. JC. Parmi les différents articles gravés en écriture cunéiforme, un en particulier retient notre attention : ceux qui étaient reconnus coupables d’avoir vendu du vin frelaté ou frauduleux étaient condamnés à être noyés dans une rivière.

On se doute qu’il fallait contrefaire plus que quelques litres pour mériter une peine aussi sévère, mais on admire la logique (utiliser de l’eau pour diluer du vin, au point de « noyer » le vin dans l’eau, et finir soi-même noyé…).

La traçabilité dans la capsule avec la technologie WID

Bien plus récemment, la start-up française WID s’est distinguée par son système faisant appel à une puce et à un émetteur, placés dans la capsule, l’étiquette, la contre-étiquette ou bien un cachet de cire, et qui permet de suivre les bouteilles, des chais du producteur au domicile du consommateur. Avantage non négligeable : chacun peut ainsi vérifier le contenu d’un carton ou d’une caisse de vin, sans avoir à l’ouvrir.

Quand bien même le risque de finir noyé pour contrefaçon est très limité aujourd’hui, on ne peut que saluer cette initiative, qui permet de traiter le problème à la source, là où les solutions juridiques n’interviennent qu’après que le dommage est survenu.

Source: FDV